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La compta de papa

Quand la corvée des paiements devient une montagne pour les parents, un coup de main filial est bienvenu. Doigté de rigueur pour éviter les embrouilles.

Régler sa paperasse chaque mois, ce n’est pas rigolo. Mais toujours mieux que de réaliser, l’âge venant, qu’on n’arrive plus à le faire et qu’il faut appeler à l’aide. «Cette étape est difficile: chapeau à ceux qui osent franchir le pas!» relève Joy Friderici, responsable de l’accompagnement administratif à Pro Senectute Vaud. L’association propose, dans chaque canton, un coup de pouce bénévole aux aînés isolés (lire TCF 11/2013).

Lorsque des parents ou des proches habitent à proximité, c’est à eux de prendre le relais. Comment impliquer les aînés dans ce processus et éviter les conflits entre frères et sœurs? «Mieux vaut avancer sur la pointe des pieds dans ce domaine sensible», conseille Joy Friderici. Il n’existe pas de recette miracle, mais quelques trucs pratiques limiteront les différends.

Partage des tâches

La première chose à faire est de se mettre autour d’une table. Parents et enfants cibleront les problèmes et se répartiront les tâches. Il est préférable de déléguer ce qui peut l’être, pour ne pas s’épuiser sur la durée.

«En général, la fratrie se décharge sur un voire deux enfants, à qui on donnera procuration (lire encadré)», observe Richard Rodriguez, président de la Chambre des notaires de Genève. Or, les problèmes surgissent souvent lors du partage: on est toujours plus malin après! «L’idéal serait d’assumer la tâche à deux, mais mieux vaut gérer seul que de tout laisser aller à vau-l’eau», conclut l’homme de loi.

Transparence absolue

Le mot clé est «transparence». Elle commence par l’établissement d’un budget. Il sera visible de tous, comme les mouvements du compte, que ce soit par le biais d’un décompte mensuel sur papier ou par un accès en ligne. Richard Rodriguez recommande d’éviter les paiements comptants après retrait au guichet, difficiles à tracer.

Les versements par prélèvement direct (LSV) pour le loyer, les cotisations d’assurance maladie ou le téléphone simplifient la vie, mais impliquent d’être vérifiés après coup. On veillera aussi à ce que les aînés disposent d’argent liquide pour les menues dépenses.

Bac à paperasse
Plutôt que d’éparpiller les factures au fil du mois, les parents les déposeront au fur et à mesure dans un bac prévu à cet effet. Joy Friderici recommande de laisser les documents chez la personne elle-même, pour qu’elle garde prise sur ses affaires.

Dans la même optique, on la laissera ouvrir son courrier ou on le fera en sa présence. A la fin de chaque mois, un rendez-vous mensuel permettra de régler les affaires courantes. Tous les documents seront classés le plus simplement possible pour s’y retrouver.

Au fil des rencontres, une feuille de route résumera les tâches effectuées et celles à accomplir. Une trace écrite précieuse tant pour l’aîné que le reste de la famille. Pour couper court aux malentendus, Joy Friderici recommande enfin de faire régulièrement le point avec ses parents et le reste de la fratrie.

Claire Houriet Rime