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Fragiles châteaux de sable

Sea, sex and sun: en se tartinant de crème solaire, on pense plus volontiers à l’heure du prochain spritz qu’aux perspectives de retraite. La vague violette qui a déferlé dans les rues pour le 14 juin n’a pas encore atteint les plages: qui sait déjà qu’on votera sur la réforme de la réforme de l’AVS, le 25 septembre prochain? A part le relèvement du taux de la TVA, elle ne concerne en effet que les femmes qui devront travailler jusqu’à 65 ans, et ce pour de maigres compensations.

L’idée n’est pas nouvelle: Berne se casse les dents depuis vingt ans pour réformer l’AVS. Le soir du scrutin, la tension au Palais fédéral sera palpable, selon l’expression consacrée. Et ce d’autant plus que le résultat en dira long sur le sort réservé à la réforme du 2e pilier qui mijote actuellement dans les marmites du Parlement.

Au mois de juin, pour éviter un nouvel autogoal dans les urnes, le Conseil des Etats a eu la sagesse de remettre à l’automne le projet de révision validé par le Conseil national et qui visait, encore, à réduire drastiquement le pouvoir d’achat des retraités. Hommes et femmes seront, cette fois, mangés à la même sauce. La droite rechignant à ouvrir le porte-monnaie pour compenser la baisse des rentes comme le proposait le Conseil fédéral, quelques Sages ont exprimé la crainte de foncer droit dans le mur.

Puissent les parlementaires méditer, cet été, à l’importance de ne pas prendre les gens pour des imbéciles. La population n’acceptera pas une xième réforme qui réduirait encore son pouvoir d’achat sans compensation digne de ce nom.

Le plus beau des châteaux de sable ne résiste pas aux vagues, surtout si elles sont violettes.


Claire Houriet Rime